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Les outils
L'encre est un mélange de noir de fumée et de suif, additionné d'un léger parfum (qui me donne envie de peindre dès que j'ouvre la porte de l'atelier). Après avoir mis de l'eau dans l'encrier, on use le bâton d'encre en le frottant sur la pierre pour obtenir une sorte d'huile noire. Cette opération peut durer une vingtaine de minutes et permet la concentration et la sérénité indispensables à tout geste spontané. On utilise cette base à l'état pur pour la calligraphie. Pour la peinture, on crée des dilutions en ajoutant de l'eau. La méthode consiste à gorger le pinceau de valeurs d'encre progressives, par strates dans le sens inverse de l'exécution du dessin. Je commence par exemple par les tons les plus clairs au fond du pinceau, en allant à des valeurs de plus en plus sombres vers la pointe. Dans ce cas, la peinture débute par les sombres et se finit dans les dilutions les plus claires. On conçoit aisément que le dessin, exécuté dans une charge du pinceau, exige une rapidité de gestes calmes, que seule permet sa préméditation.
Les pinceaux en poil de chèvre ou d'ours très fin, divisé dans son épaisseur, répondent à la moindre pression. Ils n'ont pas d'élasticité, mais le pouvoir de se réordonner pour refaire la pointe en quittant le papier. On peut les gorger d'encre ou au contraire très peu les en nourrir, suivant l'effet recherché : nuances duveteuses du papier gorgé d'eau ou traces texturées du frottement sur le papier sec. Droits de reproduction et de diffusion réservés sur l'ensemble du site © 2008
Les bâtons d'encre, que je fais venir de Corée ou du Japon,
sont protégés dans ces boîtes que je conserve précieusement,
mémoire des heures d'entraînement avec le pinceau. Droits de reproduction et de diffusion réservés sur l'ensemble du site © 2008
Les quatre bâtons d'encre de couleur
que l'on use sur une assiette en porcelaine un peu rugueuse sont constitués de pigments
d'origine naturelle additionnés d'une gomme. Droits de reproduction et de diffusion réservés sur l'ensemble du site © 2008 |